Les témoignages

Découvrez les témoignages d’anciens fumeurs qui partagent leurs expériences face à la cigarette.

Marie-Christine, 50 ans

« J’ai arrêté de fumer à 50 ans car j’ai pris conscience qu’il me restait encore des belles années à vivre. Comme j’étais seule à cette période, ma motivation principale était d’être là le plus longtemps possible pour mes enfants.
Pour moi, ce qui est important, au début, quand on arrête, c’est de se faire plaisir sans culpabiliser ; avec l’argent mis de côté, je me suis fait plaisir : un petit restaurant de temps en temps, un achat personnel (parfum, bijou). La première année de mon arrêt, je suis partie 3 fois en vacances. Cela fait maintenant 4 ans que j’ai arrêté, je continue à mettre de côté 2500 euros par an : je fumais plus d’une farde (8 paquets) de cigarette par semaine. Je réajuste même le montant de l’enveloppe en fonction du prix des cigarettes.
Maintenant, je ne tousse plus, mon entourage me dit que j’ai une plus belle peau, j’ai des dents plus blanches et une meilleure haleine…
Je n’oserais cependant pas tirer même une fois sur une cigarette (même si la cigarette me dégoûte) car je crois que je refumerais ! »

Marie-Christine

Myriam, cardiaque

« J’ai arrêté depuis 1 an et 3 mois. On m’aurait dit il y a deux ans que je pourrais arrêter, je ne l’aurais jamais cru. Mon dernier bilan cardiaque est meilleur. Le cardiologue ne doit plus me revoir. Avant d’arrêter de fumer, je devais y aller tous les ans.
J’ai vraiment envie de parler de la réalité psychologique de la cigarette qui a été pour moi très important. Une fois que j’ai pu travailler ce côté psychologique, je me suis demandée pourquoi je fumais et je n’ai plus trouvé de réponse convaincante. La dépendance physique n’a pas été le plus dur. Heureusement, mon entourage était très soutenant. Avant la cigarette était mon « sauveur » lorsque j’étais soumise à un stress et j’ y pense encore de temps en temps dans ces circonstances. Cependant, les autres cigarettes (celles après le repas, avant de dormir) ne me manquent pas ; je n’y pense même plus ! La préparation avant l’arrêt définitif a pris du temps et donc, pour moi, il faut préparer cet aspect psychologique et ne pas avoir peur d’y consacrer du temps.
J’ai pris du poids suite à l’arrêt. Au début, cela me semblait essentiel. Mais avec le temps, j’ai essayé de ne pas me focaliser sur ce problème. J’ai pris alors de l’énergie pour résoudre mon problème de cigarette. Maintenant, je sais que je peux m’attaquer à mon problème de poids en allant voir différents intervenants (diététicienne, médecin, …) et en changeant mon hygiène de vie : je fais plus de sport.
La dernière chose que je voudrais rajouter est que la décision doit venir de soi et non de l’entourage. C’est une décision extrêmement personnelle, c’est ta vie, c’est ton choix…
J’aimerais participer à un groupe autour du tabac et partager mon expérience. J’ai déjà participé à des groupes pour d’autres problématiques. Je trouve que quand on se retrouve dans un groupe, on se sent mieux compris quand les autres ont vécu les mêmes choses, on n’a pas l’impression que l’on parle dans le désert, on en retire chaque fois quelque chose et on ne se sent pas jugé ! »

Myriam

Freddy, 40 ans de tabac

« J’ai fumé pendant près de 40 ans, minimum 1 paquet par jour. Ce sont les bronchites asthmatiformes à répétition qui m’ont poussé à arrêter. J’étais devenu bronchitique chronique et je prenais des médicaments et des antibiotiques à répétition.
J’avais déjà essayé plusieurs fois d’arrêter de fumer sur les conseils du médecin, mais je reprenais chaque fois la cigarette, et puis il y avait le stress du boulot… Pourtant, je n’arrivais même plus à jouer avec mes petits-enfants. Mais une visite chez la pneumologue en 2008 m’a vraiment décidé à m’arrêter. La pneumologue m’a dit : « en 2 ans, vous avez perdu 20% de votre capacité respiratoire » et elle a rajouté : « je veux bien vous prescrire un médicament, si vous me montrez que vous êtes vraiment motivé et que vous diminuez votre nombre de cigarettes fumées de 7 à 10 par jour ». J’ai tenu le coup pendant 3 mois. D’ailleurs, à ce moment-là, nous avions décidé, ma femme et moi, de ne plus fumer à l’intérieur de la maison. Il fallait sortir si nous voulions vraiment fumer…Trois mois après, je suis retourné à la consultation chez la spécialiste : ma capacité respiratoire avait déjà augmenté et elle m’a prescrit un médicament pour m’aider à supprimer les dernières cigarettes. Après 5 jours, je ne fumais déjà plus et cela dure maintenant depuis 2 ans et demi. Mon épouse m’a suivi dans la démarche, et elle a, elle aussi, arrêté de fumer. Quelques semaines après, je refaisais du vélo…
L’argent que nous dépensions auparavant pour les cigarettes, nous l’avons mis sur un compte épargne spécial, ce qui nous permet de mettre de côté 100 à 150 euros par mois.
Au niveau financier, on vit beaucoup mieux, l’argent économisé nous permet de partir plus souvent en vacances et de nous faire des petit plaisirs. Et au niveau santé, je peux maintenant jouer avec mes petits-enfants et je n’ai plus fait de bronchite depuis mon arrêt !!! J’ai vraiment envie de partager mon expérience, car l’arrêt n’a pas été facile tous les jours… »

Freddy

Laetitia veut passer le cap

« Je suis une future ex-fumeuse, enfin je l’espère ! Je suis fumeuse depuis maintenant 15 ans ! Lorsque j’ai réalisé que cela faisait déjà 15 ans, lorsque j’ai commencé à ouvrir les yeux sur les problème de santé que cela pouvait engendrer, j’ai commencé à me remettre en question. Je n’ai pas encore réussi à passer le cap de l’arrêt mais je sens que je m’en rapproche. J’ai peur, peur de ne pas y arriver, de décevoir mes proches, d’être trop insupportable aussi, et encore bien d’autres choses. Car des excuses pour ne pas arrêter il y en a quelques-unes. Mais dans mon cas, je pense que ce qui prime, c’est la peur, tout simplement ! Alors je vais essayer de passer le cap (l’arrêt) et j’espère pouvoir en ressentir, en retirer, un grand bénéfice tant au niveau de ma santé que de mon bien être. Je vous souhaite à vous futur ex-fumeur de réussir aussi ! »

Laetitia

Simon, 29 ans

« Amis du jour, Bonjour !

C’est en tant que patient que je m’adresse à vous, aujourd’hui, pour vous livrer mon témoignage à propos de la cigarette.
Hé oui, je ne suis pas très vieux (29 ans au mois d’avril) mais je pense être une des personnes ayant déjà pris le plus de fois la décision d’arrêter de fumer, avec, appelons un chat un chat, un taux de réussite assez catastrophique, c’est-à-dire pas beaucoup plus loin que zéro…
Mais quand même, il suffit d’une fois et…

Mon expérience avec la cigarette commence par l’odorat. Enfant, mes parents non fumeur avaient invité à la maison une tante éloignée. Celle-ci laissa dans le salon ce qui me semblait être une vilaine odeur de sorcière, et dans mon esprit de garçon de 5 ans, l’inquiétude de voir mes parents, apparemment malveillants, accueillir « une méchante dame qui puait tellement par sa fumée ».

7 ans plus tard, ma cousine de 2 ans mon aînée, me coinça, quasi de force, ma première cigarette entre mes lèvres et ce, malgré mes serments de pré-ado de ne jamais y toucher. Inutile de vous parler des conséquences que ces bouffées à peine crapotées provoquèrent en moi : nausées, vertige, irritation de la gorge sans oublier cette indécollable odeur de cendrier qui collait à mon haleine, comme à mes doigts et qui risquaient de me trahir auprès de mes grands-parents.
Je m’allumai seul mes premières cigarettes vers l’âge de 16 ans, derrière l’église de mon village avec un copain puis lors du camp scout. « Pourquoi commence-t-on à fumer, ou plutôt à se forcer à inhaler un truc que l’on trouve dégueu quand on est jeune ?» se pose peut être chaque non fumeur. En ce qui me concerne, je ne sais pas trop. Probablement plus par désir d’appartenance à un groupe de « cool» et par défi envers mes parents et mes chefs que par réel goût. C’était alors encore l’époque des petits paquets de 10 cigarettes, ceux à 60 francs, qu’on achetait spécialement pour nos premières soirées de rhétos.

Je me retrouve donc en cinquième secondaire, et me suis entre temps mis au tabac, le Drum, pour son goût que je trouvais meilleur que les cigarettes filtrées. Plus les jours passent, plus le nombre de cigarettes quotidiennes augmente, plus le dégoût diminue et plus une voix intérieure me crie en silence « Simon, ARRETES !!! ».
C’était ma première phase pendant laquelle, un soir sur deux, fumant ma « dernière » clope le long de la Meuse, j’y balançais mon paquet en même temps que mon mégot me disant persuadé : « cette fois, c’est LA bonne !». J’ai ainsi pollué la Meuse d’une bonne centaine de paquets de tabac aux 4/5ième remplis.
La plupart du temps je tenais le lendemain matin avant le début des cours, parfois la pause de 10h, jamais celle de midi. De cette période, j’ai appris ma première leçon, celle de toujours arrêter avec un paquet de tabac dans ma poche. D’une part, pour éviter de devoir en racheter un en cas d’échec, d’autre part histoire de placer le combat dans ma tête, non dans ma poche, c’est-à-dire tenir bon non pas parce que je n’ai pas de cigarette à portée de main, mais parce que je tiens bon dans ma tête !
Une fois mon diplôme de secondaire en poche, j’ai pris une année sabbatique pour prendre le temps de réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie, pour me trouver des « piliers ». Je les organisais en pyramide dont la base était le « respect du corps », sur lequel se posait « recherche du bonheur » lui-même surplombé de « recherche de Sagesse » puis «Spiritualité-Dieu » (ou en tous cas celui ou celle qui me semblait être de l’autre côté du fil, dans mes prières). En découla aussi cette idée de faire la médecine.
Je commençais donc mes études de médecine à Namur. Tout allait plus ou moins bien dans ma vie : santé, chouette famille, chouettes amis, chouette copine, réussite des examens, pas trop de problème financier (bien que ma famille ne roule pas sur l’or)… J’avais donc tout pour être pleinement épanoui mais quelque chose m’empêchait de l’être. Quelque chose en désaccord avec mes valeurs, qui tel un grain de sable dans la mécanique.
En effet, étudiant entre autre les méfaits du tabac à l’unif, je ne savais que trop la crasse et le non respect du corps que je m’infligeais en fumant. Non seulement je savais que cela était dégueulasse pour mon corps, mais en plus je me rendais compte à quel point j’étais débile de continuer. Et comment pouvoir être heureux lorsqu’on ne respecte pas sa dimension physique ni sa dimension spirituelle (si l’on prend la vie comme une chance, un cadeau, fumer n’est-il pas un suicide progressif ?) et qu’en plus, l’on se trouve con ?!!!
Par orgueil, j’ai toujours voulu arrêter seul, et sans médicament. Un jour, un de mes amis, ancien gros fumeur, me conseilla de lire un bouquin, celui d’Allen Carr. N’y prêtant attention, il me le prêta lorsqu’il vit que toutes mes tentatives d’arrêts étaient vaines, et que cela me rendait malheureux, non fier de moi. Je pataugeais dans ce cercle vicieux par lequel on continue à se détruire (par le tabac) tellement on ne s’aime pas à fumer.
La lecture du livre d’Allen Carr intitulé « la méthode simple pour en finir avec la cigarette » fut une révélation pour moi. Je l’ai lu en peut être 40 jours, mais il m’ouvrit les yeux sur énormément de chose, sur ce qu’il appelle le « lavage de cerveau » que le fumeur a. C’est ce livre qui m’a fait arrêter pendant 1 an et demi. J’ai recommencé stupidement pensant que j’étais plus fort que le tabac, et que je pouvais m’en permettre une…

Et j’ai replongé. Nouvelle période de tabagisme actif de 3 ans, puis, après une nouvelle lecture d’Allen Carr, je parvins à ré-arrêter. C’était le 30 juillet 2010.Je n’ai plus touché à une cigarette depuis et en suis très heureux.
Sachant le danger que cela a constitué pour moi, je suis maintenant, en réaction, vraiment anti-tabac. Je suis tellement heureux d’avoir retrouvé l’odorat que lorsque je rentre chez un patient pour une visite, et qu’il fait bleu dans la pièce, j’ai du mal à contenir ma colère et ma rage contre le non respect du non fumeur… et ce, probablement parce que j’ai dû faire de même. Heureux sont ceux qui ont eu la personnalité de toujours dire « non » à la cigarette, et plus encore ceux qui se sont libérés de ce fléau ».

Simon